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Nicolas Flamel LE GRAND ECLAIRCISSEMENT
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Arbus
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馬 Cheval

Message Posté le : Mar 6 Fév - 22:32 (2018)    Sujet du message : Nicolas Flamel LE GRAND ECLAIRCISSEMENT Répondre en citant


Le grand éclaircissement de la Pierre Philosophale
Pour la transmutation de tous les métaux
Nicolas Flamel



Chapitre premier
A
La miséricorde infinie du vrai Dieu a voulu pour racheter le genre humain
envoyer son fils unique répandre son sang en l'arbre de la croix. O fontaine
de miséricorde, donnez nous de parvenir à cette grande OEuvre, car sans
votre aide nous n'y pouvons parvenir. Votre volonté soit faite.
Amen.
Chapitre II
B
Prenez de fort bon vin qui ne soi braste, ni sophistique, lequel mettrez
putréfier par douze ou quinze jours dans un vaisseau de verre fort ample, et
boucherez avec le sceau d'Hermès, afin qu'il ne respire aucunement. Il le faut
mettre dedans le bain-marie, n'étant plongé plus avant que la hauteur du
vin. Après l'avoir tiré le mettrez en un vaisseau de verre net avec son
chapiteau, et luterez bien les jointures, et étant bien closes le mettrez en bain
léger, auquel il y ait tant d'eau, qu'elle couvre toute la Lunaire, puis le
distillerez petit à petit jusqu'à ce que vous verrez les dites veines ou signe,
lesquels seront comme larmes ou gouttes de sang coulant, mais claires
comme cristal, et ainsi vous continuerez tant que vous verrez lesdites veines
ou signe, et comme sa mort commencera à venir, laquelle tient mortifiée le
susdit esprit, les larmes commenceront à ce faire rondes, et ne couleront plus
par le chapiteau, ayant figure de perle. Alors ôtez le récipient, et le boucher
bien qu'il ne respire, et le garder en lieu le plus froid que vous pourrez. Ainsi
vous aurez sépare son âme, combien qu'il y ait encore de sa mort. De cette
façon vous poursuivrez les dites distillations. Après que vous aurez reçu sa
2
mort, c'est à dire son phlegme, lequel sera odoriférant. Ainsi vous
continuerez tant que la matière demeure au fond comme un gros miel ou
poix fondue noire, gardez bien qu'elle ne s'effuve, sinon avec ce signe, et
après vous séparerez les éléments de notre B ou vin. Ainsi aurez tiré la forme
selon que je vous ai dit, et de même façon la pourrez tirer de tout individu, à
savoir des animaux et des végétaux.
La manière de séparer la mort de sa forme
C
Prenez l'âme gardée en lieu froid en un vaisseau, et la mettez à distiller au
bain, et en prenez la moitié, ou bien tant que verrez venir ces très précieuses
veines, et ainsi vous la rectifierez dix fois, vous gouvernant toujours par les
signes susdits, et à la trois ou quatrième fois comme les veines susdites
apparaîtrons, levez votre distillation, sans plus distiller, mais regardez si elle
brûle le drapeau, et si elle ne le brûle recommencer le magistère, tant que
vous avez le signe susdit, et comme elle brûlera le drapeau, vous la distillerez
à part elle quatre ou cinq fois, et ainsi vous aurez la manière pour rectifier la
matière, à savoir l'Ame susdite signifiée par C laquelle est de si grande vertu
que la langue humaine ne saurait exprimer le secret que Dieu a mis en icelle,
partant la faut garder bien bouchée en lieu le plus froid qui se pourra
trouver.
Les préparations et réduction en quintessence du Rayon de Miel
DD
Ayant déclare la manière de séparer notre esprit ardent, de sa mort,
empêchant sa puissance, sachez qu'il n'a néanmoins la puissance de
dissoudre les deux luminaires, et les réduire en effet s'il n'est aiguise, comme
nous vous enseigneront, je crois que la préparation se fera au chapitre que
nous ferons en général de E. Mais à seule fin que vous ne perdiez pas votre
temps, il faut incontinent que vous aurez notre Esprit, prévoir l'heure que
soudain vous la mettrez en pratique, et pour ce sujet nous l'avons signifie en
ce chapitre par deux lettres, à savoir DD, vous signifiant par l'un son
aiguisement simple, et par l'autre son royal aiguisement, ou bien sel tiré du
Rayon de Miel, duquel aiguisée vous serez assuré de ne perdre point votre
temps et dépense.
Prenez donc le Rayon de miel de jeunes mouches, lequel sera blanc, et le
3
mettez en putréfaction en un grand vaisseau au bain avec son chapiteau, et
faites que tous les jours il bouille une heure. Après vous lui ferez un feu
tempéré, et ainsi vous le laisserez par quinze jours naturels, puis vous
mettrez tant de C par dessus qu'il surnage de quatre doigts la matière. Après
fermez avec son antenos et le mettez en putréfaction l'espace de trois jours,
puis mettez le chapiteau avec le récipient et les jointures étant bien
bouchées, le laisser distiller par le bain, et quand il sera distillé, ou bien que
de huit partie sept seront distillées. Toutefois le plus infaillible signe est que
vous verrez venir les veines comme larmes, selon que nous avons dit au
chapitre B. Alors vous ôterez la partie larmeuse en cette seconde opération,
et comme la partie larmeuse vient, ôtez votre récipient, et le bouchez bien
qu'il n'ait point d'air, et le mettez en lieu froid, il sera propre pour être
aiguise. Mettez après un autre récipient et laisser distiller par cette chaleur,
et comme il n'y voudra plus distiller n'augmentez le feu, ainsi ôtez le
récipient et le tenez bien bouché, car cette eaux deuxième ou bien phlegme
vous servira pour tirer son précieux sel. Mettez par après en cendres, et
distillez par feu du troisième degré, et quand par ce feu vous aurez l'huile,
vous la laisserez refroidir, puis broyer la matière, et la mettez en un vaisseau
de terre qui ne soit plombé et endure le feu de réverbération par huit jours,
ou quand la matière vous semblera calcinée, laquelle vous trouverez en
couleur de cendre, sur laquelle vous versez tant de son phlegme, qu'il
surnage de deux doigts, et le bouchez avec son antenos, et le mettez au bain
par trois jours. Apres le versez doucement en un autre vaisseau qui soit net,
puis reversez dessus de nouveau phlegme, bouchez avec son antenos.
Remettez au bain comme auparavant et ainsi ferez tant de fois, qu'ayez tout
tire son sel précieux lequel sera plus blanc que neige, et c'est lui le sel avec
lequel nous aiguisons notre C simple, c'est lui qui baille commencement de
faire végéter les deux luminaires, et les réduire en quintessence, avec celui
vous pouvez aussi aiguiser et augmenter son eau, laquelle à puissance de
faire végéter tous les terrestre métaux, et avec cela seul vous pouvez
subvenir à vos nécessites. Soyez secret et remerciez Dieu. Après faut prendre
toutes vos versures que vous mettrez en un vaisseau net à distiller par un
bain léger, et au fond vous restera votre sel blanc comme neige, lequel par
après vous redissouderez, réitérez, congèlerez par trois fois, et par ce moyen
il sera pur pour faire toutes vos opérations.
Maintenant pour aiguiser, prenez une once du très précieux sel tiré du
rayon de miel, lequel vous broyez et mettez dans un vaisseau, et par dessus
lui quatre partie de C, c'est a dire son premier esprit que vous boucherez
avec son antenos, et bien les jointures d'icelui, puis le mettez en putréfaction
4
par deux jours naturels. Après vous ôterez son antenos et lui mettez son
chapiteaux et récipient, et ferez distillez à feu de cendre léger, quand il aura
cessé sachez le poids du sel demeuré au fond du vaisseau et versez dessus
quatre partie dudit C simple, puis putréfiez et distillez par cendre, et
recommencez le magistère tant que tout le sel soit passé avec son esprit
céleste ou bien C, et par ce moyen vous pourrez aiguiser et augmenter tant
que vous voudrez, mais soyez averti qu'un peu de très précieux sel, comme
une dessus quatre partie C, à savoir de premier esprit suffit, et ainsi vous en
pourrez faire tant que vous voudrez, et ceci est la vrai et droite pratique qu'il
faut sceller aux ignorants.
La manière de former et circuler notre quintessence, c'est à dire ciel
végétable simple
E
Prenez un grand vaisseau de verre et en icelui mettez une livre ou deux de
C, bouchez bien comme vous savez et mettez à circuler au bain ou au fient.
Mais soyez averti quand vous changerez votre fient que vous n'interrompiez
point trop la circulation, et ainsi faut circuler pendant 30 jours naturels au
bout desquels vous trouverez votre matière blanche comme un cristal avec
une hypostasie au fond du vaisseau comme un peloton de coton que vous
verserez doucement en un autre vaisseau et le garderez au bain bien bouché
et ainsi vous aurez notre menstrue végétable et notre ciel simple qui a tant
de vertu que la langue humaine ne saurait dire. Avec icelui nous faisons
vraie calcination et dissolution des deux luminaires par conservation de leur
humidité radicale car il réduit de puissance en effet tous les métaux parfaits
et imparfaits.
Je sais bien mon fils que tu trouvera étrange que je n'ai point écrit la forme
du vaisseau, mais j'ai laisse en votre maison plusieurs de mes vaisseaux et
circulatoires un d'iceux y sera propre.
La manière de préparer et examiner notre terre, tant du végétal, minéral,
animal
F
Le merveilleux principe de tous les autres principes de cette science est du
glorieux Mercure végétable c'est à dire la préparation et lavement de sa
précieuse terre plaine de toute vertu.
5
Pour cet effet prenez la matière qui vous est demeurée au fond comme gros
miel épais ou comme poix noire, comme nous avons dit au chapitre B et sur
icelle mettez tant de sa mort , à savoir phlegme, qu'il surnage de quatre
doigt et continuer ainsi tant que sa teinture ou partie onctueuse superflue, se
dissolve et sorte toute par distillation comme auparavant, puis laissez
refroidir en lieu humide, il se produira des pierrettes rousses au fond du
vaisseau, puis versez doucement par inclinaison, et prenez les dites
pierrettes, après reversez sur la matière du phlegme nouveau et continuez la
distillation tant qu'il ne passe plus de pierrettes, et même mêler et desséchez
toujours tant que vous ayez tire la teinture, et alors vous demeurera une
terre blanche laquelle vous essuierez au soleil ou chaleur semblable. Laquelle
par après vous broyez et mettez dans un vaisseau avec de son eau ou bien C
qu'il surnage de quatre doigts puis bouchez avec son antenos, et faites
putréfier par trois jours, puis distillez légèrement par la cendre et ainsi par ce
régime de feu vous laisserez distiller tant qu'il ne fasse plus de veines, et
commençant à faire des veines, levez votre récipient et le bouchez et y en
mettez un autre, et continuez la distillation avec un feu un peu plus fort, tant
que la mort passe, puis laissez refroidir le vaisseau, et vous trouverez la
matière dure, laquelle vous tirerez cautement du vaisseau, et la broyez puis
remettez en son vaisseau, et par dessus de son C surnageant de trois doigts,
et boucherez avec son antenos, puis mettez en putréfaction par trois jours, et
lui bailler son chapiteau, et distillez comme devant, jusqu'à ce qu'il fasse les
veines au chapeau. Alors changez de récipient et continuez vos opérations
tant que la matière demeure blanche, et qu'elle ne fasse point de fumée, en
la mettant sur une lame de fer fort chaude. Par après ayez un verre en forme
de pomme, ou boule ronde, en laquelle vous metterez la susdite terre, luy
scellant bien la bouche, et le mettrez en digestion de cendre, ou bien
calcination. Et par ainsi vous aurez la terre très précieuse, laquelle sera
propre à recevoir son âme, ou bien esprit avec la conservation de l'humidité
radicale, et nutriment d'icelle. Sachez mon fils qu'avec ce seul moyen, et
ferment copulatif, c'est à dire l'âme du corps susdit organisé d'icelui, comme
nous vous montrerons en particulier, à savoir à la composition des
médecines, tout est fait.
La manière d'exubérer le suc des deux luminaires, et avec eux faire votre
précieux composé
G
Prenez une once d'argent de coupelle et calcinée, signifiée en cet endroit par
Q, selon qu'il se dira au chapitre de H, prenez deux once d'or signifié par P
6
pareillement calciné suivant le contenu au dit chapitre, et chacun d'iceux
vous mettrez à part soi en un vaisseau, lors prenez notre E, circulé ou bien
quintessence simple, et en versez sur la dite chaux, tant qu'il surnage de
quatre doigts, bouchez avec son antenos, et mettez au bain par deux jours, et
par autres deux jours, et par autre deux jours en cendre, et comme vous
verrez les eaux prendre couleur quelque peu, vous les viderez chacun à part
soi indifféremment, et mettez cette dissolution au bain les vaisseaux bien
bouchez, par après sur les chaux qui ne sont point dissoutes y reverserez de
nouveau E, le bouchant avec son antenos, puis le mettrez en cendre comme
avez fait auparavant, et ceci continuerez, tant que ce corps solaire et lunaire
soit réduit en eau. Par après prenez le composé de l'or et de l'argent et
mettez chacun à part soy en son urinal, et distillez par le bain. Alors les corps
demeureront au fond du vaisseau en huile. Lors prenez les eaux distillées
par les deux luminaires, et mettez en icelle tant de soufre végétable, que
sont les poids d'or et d'argent, puis posez par deux jours au bain pour bien
dissoudre le sel. Etant dissout, mettez chacun à part soy, à savoir chacune
défaites eaux sur les métaux demeurés au fond du vaisseau en huile : mais
soyez averti que le soufre que vous aurez dissout dans les susdites eaux, est
celui que nous vous enseignerons au chapitre L, à savoir celui qui est tiré du
vin, et ainsi vous les metterez en putréfaction par huit jours, puis tirerez l'eau
par le bain chacune à part soy. Après vous en mettrez tant qu'elle surnage
de deux doigts, & boucherez avec son antenos, & par après mettrez le
chapeau & distillerez en cendre : & comme vous verrez que les eaux seront
passées avec petit feu, augmentez lui un peu son feu, & passera l'air en son
eau : laissez après refroidir le vaisseau, & versez dessus de l'eau nouvelle,
bouchant avec l'antenos & au bain par une nuit , ôtant alors l'antenos,
mettez le chapeau & récipient , & distillez par cendre comme dessus, & ainsi
ferez jusque à tant qu'ayez tiré le suc des deux luminaires, à savoir de l'or &
de l'argent. Prenez par après la terre & la gardez ; Mais le signe infaillible
sera quand vous mettez un peu de cette terre sur une lame fort chaude, &
quelle ne donnera point de fumée. Ce sera assurance que les terres auront
été bien examinées , lesquelles vous garderez en palle ou boule de verre
toutes deux ensemble en digestion de cendres. Alors elles seront disposées à
recevoir leur Mercure, cela que nous enseignerons au Chap. L. Après vous
prendrez les deux sucs que vous conjoindrez en un alambic, et les ferez
passer ensemble une fois par la cendre, & s'il demeuroit quelque peu de
limosités ou terre, il la faut mettre avec la susdite terre gardée, & ainsi ferez
par six fois: & ayant tiré toutes ces limosités qui demeureront avec la terre,
vous les mettrez toujours, comme dessus. Par après prenez un grand
vaisseau, ou bien une de nos nasses de verre, qui soit forte & haute au moins
7
de deux paumes, en icelle vous mettrez votre menstrue composé, & le
bouchez bien, & son petit trou aussi avec un bouchon de verre, puis après
avec de glaire d'oeuf, du papier broüillassé & chaux vive, vous
l'envelopperez en le laissant sécher, & puis vous le boucherez encore par
dessus avec notre cire Cire faite de poix & mastic. & faites circuler au bain
Philosophale, que nous vous montrâmes, quand nous fîmes la circulation de
menstrue simple étant à Venise, & laissez circuler par quarante jour, &
quand il sera à peu près du terme vous verrez ce menstrue ou mercure qui
sera luisant & odoriférant plus que nulle autre chose de ce siècle. Cela mon
fils, a la puissance de dissoudre les deux luminaires, & les réduire de
puissance en effet. Sachez mon fils, que de lui seul, avec son ferment rouge
ou blanc, vous pouvez par leur circulation faire des branches de grandes
projection. C'est ce que traite Raymond Lulle en son Epître accusatoire,
quand il dit qu'après la dissolution faite du Soleil, & levant après l'eau par le
bain à feu très lent, que cet or est fait spirituel, lequel jamais ne se pourra
réduire en corps.
Et si en iceluy vous mettez cents parties de Mercure vulgaire, il se congèlera
en bon or ou en argent selon son ferment. D'avantage que cet or soit mêlé
en eau convenable, & le baillant à boire au malade de quelque infirmité que
ce soit, en peu de temps reviendra en son premier tempérament. Sachez,
mon fils, que c'est cela qui fait tomber les poils chenus de quelque Vieillard
que ce soit, le contregardant jusqu'au terme qui lui est ordonné de (Dieu)
mais pour parvenir à la transmutation, car il suffit pour la santé que l'or soit
dissout avec le Menstrue, il faut chacune livre mettre dedans deux once de
Mercure, comme nous enseignerons au Chapitre X. Sachez qu'avec lui se fait
la putréfaction. Mais soyez averti que depuis qu'il sera calciné, il n'en faut
pas user pour le corps humain, mais seulement pour la transmutation des
métaux comme vous verrez au Chapitre suivant. Croyez que je vous ai
enseigné tout ce qui est compris au livre de Raymond Lulle, & avec cette
pratique que je vous montre, il est impossible de faillir : partant je vous prie
de vouloir toujours avoir le Dieu Eternel devant les yeux.
La Calcination des deux Luminaires, & de tous autres métaux
H
Mon fils, nous tenons que la calcination ou bien discontiuation des métaux
est fort nécessaire : autrement leur dissolution serait fort fâcheuse à faire, &
pour parvenir à icelle, prenez du mercure vulgaire, & le lavez avec du sel &
vinaigre, puis mettez dans un creuset, faisant un amalgame avec de l'or ; à
8
savoir une partie d'or & six de Mercure : autant en ferez vous du corps
lunaire ; toutefois il est bien certain que le corps lunaire veut plus de
Mercure pour le réduire, qu'il n'en faut pour le solaire, étant bien amalgamé
comme un morceau de beurre, tellement que l'étendant sur la paume de la
main, vous ne sentirez rien de ferme. Mettez le lors un drapeau de lin ou
bien de chamois, le pressant tant que vous pourrez. Après ayez le double de
sel commun préparé, & les broyez ensemble, puis mettez en une cornue, si
voulez conserver votre Mercure, sinon mettez en un vaisseau de terre large.
Et répandant & étendant partout, & lors vous le mettrez au feu, lui donnant
petit à petit tant que le mercure s'exhale. Après ce, il faut laver votre chaux
avec de l'eau commune distillée deux fois, par tant de réitérations que tout le
sel soit dehors. Enfin de quoi votre or vous demeurera rouge & impalpable :
après avez votre eau végétable, où sa mort ne soit point, & en mettez
dessus, tant qu'il surnage de quatre doigts, puis lui donnez le feu, ainsi ferez
quatre fois. Alors demeurerons votre Soleil & Lune parfaitement calcinés.
Sachez que cette façon de calciner est excellente sur toutes autres, étant utile
au corps humain, & à la transmutation des métaux.
Le Cuivre se calcine avec du sel commun préparé, faisant lit sur lit, & le
mettant au four de réverbération par trois jours ; puis le lavant en eau
chaude, l'adoucissant comme dessus est dit.
Le fer se calcine avec du soufre & vinaigre, qui est signifié par S.
L'étain se calcine avec du sel préparé, & est signifié par V.
Le plomb, comme l'étain, signifié par T.
Voilà la doctrine de la calcination, assation, ou subtiliation à la dissolution,
avec conservation de l'humeur radical.
La dissolution Physique, ou fermentation, laquelle nous faisons en notre
Menstrue composé
I
La dissolution des Métaux est nécessaire à la première partie du Magistère.
Pour ce prenez le corps du Soleil ou de la Lune calcinés : puis ayant autant
de mercure Végétable sublimé, comme nous le dirons au Chapitre L. Et que
susdit Végétable soit réduit en eau avec E. A savoir ciel Végétable simple,
selon que nous avons dit au Chapitre précédent, & étant réduit en eau
prenez la susdite chaux, & l'abreuvez en un vaisseau de verre, tant qu'elle
surnage de deux doigts : puis mettez l'antenos bien scellé à feu de cendre
9
par douze heure à la lente chaleur. Après ôtez l'antenos, mettez l'alambic, &
tirez par le bain toute l'humidité que pourrez tirer : puis quand la matière
sera essuyée ôtez la du vaisseau, & la broyer bien fort en un mortier de
verre, avec le pilon de même, en lavant votre mortier avec l'eau, ou bien
huile de soufre susdit, & abreuvant encore une fois votre chaux comme
dessus, digérez, distillez, & broyez, tant qu'elle ait acquis les trois part de la
substance sulfurée végétale susdite. Mais notez encore que le susdit l'huile se
peut faire avec la terre préparée végétable, c'est à dire quand leurs huiles
seront séparée, & quand cette terre demeurera blanche comme neige, selon
que nous vous avons enseigné au Chapitre signifié par F, c'est à dire en
faisant l'ouvrage, comme il est déclaré. Or retournons à notre fait.
Incontinent que vous aurez acquis les trois parts de la substance sulfurée,
comme dit est, alors versez dessus la matière, si grande quantité de
menstrue composé, signifié par H. qu'il surnage de trois doigts : puis mettez
l'antenos, & bouchez bien les jointures, & mettez en bain bouillant lentement
par l'espace de deux jours naturels, & par après deux autre jours au feu de
cendres. Et ainsi vous verrez que le tout ou la plus grande partie se dissoudra
dedans le corps susdit, ou bien le composé. Après la décantation, vous
séparerez bien acortement, de peur que les fèces ne se troublent, en un
vaisseau net qui se puisse bien boucher, & le gardez en bain qui soit bien
bouché ; le reste du corps qui vous est demeuré pour n'être pas dissout, vous
le dessécherez au vaisseau à une chaleur légère comme celle du Soleil. Après
vous ferez toutes les susdites opérations, tant qu'il soit achevé de dissoudre, à
savoir en mettant le Menstrue qu'il ne prenne plus de couleurs, & il vous
demeurera une terre inutile, laquelle est celle qui tient liée cette écorce, ou
bien peaux petites qui tiennent la vertu végétative enfermée des deux
luminaires. Ce fait mettez la composition ou corps dissout en putréfaction,
selon que vous verrez en son Chapitre suivant signifié par K. Et afin que ne
puissiez faillir, ayant fait ladite dissolution, et voulant venir à la médecine des
corps humains, n'est besoin d'y mettre du Mercure, comme nous avons dit.
Mais désirant procéder à la transmutation, il y est nécessaire lorsque vous
aurez dissout le composé solaire. Après le faut mettre circuler vingt jour au
bain, & vingt en cendre, & ladite circulation se doit faire en vaisseau tel que
nous avons dit ci-devant, C'est à dire en un nasse ou bien cucurbite, &
comme il sera circule les quarante jours, ainsi comme la première eau
montre couleurs en la couleur de son ferment, quand elle viendra à ce point
elle ne se montrera plus que blanche, & demeurera au fond une gomme
rouge, comme un fin rubis, & l'eau instrumentale, laquelle est demeurée sur
la gomme sera blanche, laquelle verserez acortement, & puis vous mettrez la
dite gomme au bain, c'est à dire étant au même vaisseau, & le bain doit être
10
quelque peu bouillant, & il se dissoudra en quatre ou cinq jours, en huile très
rouge : puis vous le mettrez deux jours en cendres, & il se congèlera en la
même gomme comme auparavant. Ainsi vous ferez par trois fois, dissolvant
& congelant. Et par ce moyen vous aurez réduit notre médecine, ou grande
composition majeure, pour guérir toute maladie corporelle de quelque
corruption que ce soit, comme la lèpre & autre maladie. Et c'est le vrai or
potable, duquel à parlé Raymond Lulle en plusieurs lieux. Il a la propriété de
conserver l'humidité radicale, contregarde de putréfaction, & ne laisse venir
l'homme chenu. Cet or se dissout en eau ou potage pour le faire boire : mais
le plus sûr est que le dissolviez en notre végétable. Mais voulant procéder à
la transmutation, ou bien à la branche, il faut que le Mentstrue soit calciné, &
faire toutes les susdites opérations, à savoir le fermentant & circulant comme
dessus, & étant réduit en huile, vous le verserez sagement, en un vaisseau
rond avec long col. Après vous ferez la projection en cette manière, à savoir
une partie de cette huile, & cent partie de Mercure lavé avec vinaigre, & le
mettez au susdit vaisseau, & le bouchez bien, puis au feu de cendres par
vingt jours. Après il le faut affiner par une forte cendrée : chacune livre du
susdit métal congelé veut une livre de Saturne, & ainsi vous aurez or ou
argent selon qu'aura été votre ferment.
La putréfaction des deux Luminaires dissouts au grand Menstrue, chacun à
par soi, que nous signifions par :
K
Prenez un vaisseau qui soit long & étroit, selon la quantité du métal dissout,
& en icelui mettez votre dissolution : puis le sigillez du sceau d'Hermès.
Après ayez un grand vaisseau de cuivre avec son couvercle, et qu'il ait au
milieu un plancher troué à un des cotés un tuyau pour y pouvoir mettre de
l'eau, lequel tuyau faites qu'il soit dessous ledit plancher, & sur icelui
plancher posez & asseyiez le dit vaisseau droitement sans pencher. Alors
couvrez le avec son couvercle & donnez un chaleur tempérée, tant que la
matière monte & descende par quarante jours naturels, au bout desquels
vous trouverez votre composition de Soleil en couleur de rubis avec quelque
chose pendente en noir : quelques fois il demeure à jour obscur, cette
variation aduient de l'argent qui sera ou ne sera pas purgé. Ainsi vous
connaîtrez en votre esprit la nécessité de cette putréfaction.
La vivification & sublimation de notre végétable Mercure, l'examination des
deux luminaires, & la manière de les sublimer & vivifier, la pratique de la
11
voie animale en laquelle gît tout notre fondement.
D'avantage, nous dirons la manière par laquelle les deux luminaires sont
plutôt réduits en première matière, et aussi tous les autres Métaux
imparfaits, & aussi le Mercure vulgaire, selon notre expérience, comme vous
verrez au Chapitre X.
L
Prenez cette composition putréfiée de Soleil & de la Lune, par la manière
que nous avons enseigné au chapitre K. & mettez à distiller au bain, les
jointures du vaisseau bien bouchées, & ainsi continuerez votre distillation,
tant que votre matière de l'un & l'autre composé demeure en huile. Après
levez le Chapeau & sur la matière mettez tant de leurs eaux qu'elles
surnagent de deux doigts : bouchez avec son antenos, & après son Chapeau
& récipient, & faites distiller par cendres légères, & ne distillant plus par ce
degré de chaleur augmentez le feu, & l'air passera en son eau : puis laissez
refroidir le vaisseau, & gardez ce qui est au récipient bien bouché, & mettez
le à part. Après versez eau nouvelle dessus les fèces qui sont demeurées au
fond, & n'ont su passer à la distillation, & soudain elles se résoudront :
bouchez soudain avec l'antenos comme dessus, à savoir qu'il soit par douze
heure au bain. Puis distillez les jointures étant bien closes, & gardez la
distillation avec l'autre eau animéee. Et ainsi vous recommencerez ce
magistère jusqu'à quinze fois, tant que la terre ne rende aucune fumée,
combien qu'à la septième fois, elle n'en rendra aucune, mais nous faisons
autant pour rendre la terre plus subtile, à celle fin que la partie d'icelle
vienne à s'unir avec son âme & se sublime avec icelle. Et sois averti que pour
recommencer tant de fois ce magistère, il pourrait advenir que l'eau ne
suffise, partant prend toutes les distillations faites par les cendres, & les
distilles par le bain, & n prend les deux tiers, desquels vous travaillerez en la
susdite inhumation si l'eau vous défailloit : ainsi vous aurez réduit notre
Soleil & notre Lune à la vraie éclipse. Par après la terre susdite, & la quantité
d'icelle, soit la jaune ou la blanche, chacune à part soi, bien lutée et bouchée,
que mettrez au feu de réverbération, tel que le verre ne se fonde point, & l'y
laisser par quarante jours, au bout desquels laissez refroidir le vaisseau, & en
icelui trouverez vos terres préparée à recevoir leur Mercure. Mais sois averti
que la terre du végétable sera blanche, la terre du Soleil noire, & celle de la
Lune châtaignier approchant à la noirceur. Ayant tiré ces terres les faut piller
& broyer en un mortier de verre, chacune à part, & les réduire en poudre
impalpable, lesquelles vous garderez en vaisseau de verre sur cendre
chaudes, chacune à part, tant qu'ayez rectifié votre âme. Prenez le composé
12
de la Lune, & la rectifiez par sept distillations en cendre légères, & toutes les
limosités ou terres qu'elle laissera seront mises avec sa terre calcinée ;
semblablement vous distillerez l'eau composée du Soleil, combien que sa
rectification soit différente de celle de l'argent. Pour ce prenez cette eau en
laquelle soit son âme, & la faites distiller par cendres, & ce qui restera au
fond sera le feu lequel vous garderez : ainsi vous la rectifierez par sept fois,
remettant toujours la limosité avec le feu, lequel vous garderez, & ainsi vous
aurez fini la rectification de l'eau. Prenez après le feu qui vous est demeuré
au fond, qui sera comme safran, lequel vous calcinerez, comme vous avez
fait la terre, à savoir y mettant de son eau qu'elle surnage de deux doigts, le
bouchant bien avec son antenos, & le mettant par après au bain par douze
heures, puis le distillant enfin par cendres. Ainsi faisant par sept fois vous
aurez votre feu calciné & subtilé, qui sera propre pour rubifier son soufre.
Or retournons à notre terre préparée & réservée. Prenez la terre comme
dessus, une ou toutes deux à part & sachez le poids & les abreuvez avec la
dixième partie avec laquelle la Lune est rectifiée, & la bouchez avec son
antenos, & mettez au bain : A savoir que le vaisseau ne touche point l'eau à
deux doigts près, & le laisser ainsi tant que vous voyez l'eau congeler sur la
terre bien animée. Après ôtez l'antenos, & luy mettez son chapeau, & faites
exhaler son humidité par cendre légère, à savoir comme chaleur du Soleil.
Après abreuvez derechef avec la dixième partie, & boucherez avec l'antenos,
mettez en digestion, & comme verrez l'eau congeler dessus, levez l'antenos,
mettez le chapeau, & tirez son humidité, & pour la troisième fois donnez lui
sa dixième partie, & faites comme devant, & à la quatrième donnerez la
septième partie, & ferez comme dessus. Alors l'Arbre fleuri commencera à
paraître, à savoir par la quatrième imbibition votre terre noire apparaîtra, &
ainsi apparaissent toutes les couleurs, qu'on se peut imaginer, & au dernier
vous verrez arrêter en la couleur blanche pale, & ainsi vous recommencerez
votre magistère comme dessus, luy baillant la huitième, la septième, la
sixième, la cinquième, & là vous arrêterez, & tant de fois recommencerez
cette oeuvre, jusqu'à ce qu'elle ait bue toute l'eau de la Lune. Alors l'épervier
aura pris ses ailes, & sera prêt à voler, c'est à dire à sublimer. Alors vous en
prendrez un peu sur une lame fort chaude, & regarderez si la plus grande
part s'en ira en fumée, ce qui sera le signe certain que notre oiseau sera prêt
à voler. Alors tirez le dehors du vaisseau, & le broyez en un mortier de verre
avec le pilon de même, puis mettez en vaisseau de verre qui ait le col long, &
la pense étroite, & qu'il soit long & étendu comme le bras, bouchez & mettez
en cendre les trois par de la bosse seulement couverte, & baillerez petit feu
par trois heures, & trois autres après plus fort. Et ainsi continuerez par trois
13
jours. Alors notre enfant sera né, qui s'appelle matière ou bien ferment en
feuille, & de plusieurs autres noms. Mais sois averti qu'au susdit vaisseau, il
est de nécessité que le chapeau entre au dedans du col de la bosse. Il doit
être bien bouché avec du coton, à celle fin que le merle ne vole en son
chapiteau, mais qu'il demeure au fond du vaisseau, & ce qui montera plus
haut, ce sera une poudre très blanche, ce qui montera à la moitié dudit
vaisseau, sera comme feuille de talc, & ainsi vous aurez tous les signes par
lesquels il vous sera impossible de faillir. Je suis bien certain que n'êtes pas
ignorant qu'il faut faire dissolution, le soufre végétal & animal. Prenez la
terre végétable préparée, selon que nous l'avons déclaré au Chapitre F. Et
icelle abreuvez avec son esprit animé la huitième partie, & bouchez avec son
antenos, & mettez au bain comme nous vous avons enseigné des minéraux,
& la laissez par huit jours. Après lever l'antenos, & lui tenez le chapeau
dessus & mettez en cendre légère comme chaleur de Soleil, & laissez sortir
son humidité, laquelle sera sans aucun goût à la façon d'une eau chaude, &
derechef l'imbibez avec la septième partie, mettez au bain, puis distillez par
cendre, alors imbibez encore avec la sixième partie digérant & distillant par
cendre comme dessus, puis l'abreuvant avec la cinquième partie, & la
quatrième faisant comme dessus. Mais en cette quatrième partie tu
t'arrêtera & l'imbiberas tant qu'il ait bu les deux part d'elle, laquelle vous
tirerez par après du vaisseau, & l'ayant broyée en mettez un peu sur une
lame chaude, la plus grande partie s'en ira en fumée, alors vous aurez un
signe certain que la terre est propre. Partant vous la mettrez en un vaisseau
propre à sublimer. Comme nous vous avons dit ci dessus en ce Chapitre des
minéraux. Et tenez le même régime de feu, il se sublimera le sel armoniac
des philosophes & le nôtre. C'est celui qui te donne commencement pour
faire végéter les deux luminaires, sachez pour certain que sans icelui
végétable animé, il ne se fait rien en ce magistère, laissez tous ces ignorants
qui présument avec leur amalgames vulgaires réduire les deux Luminaires
en première matière. Nous accorderons bien néanmoins que le mercure
vulgaire est le père de tous les métaux : mais s'il n'est pas réduit en première
matière par le moyen du végétable ou de l'animal, & que lui soit tirée cette
moyenne substance de laquelle plusieurs fois je vous ai parlé, il est inutile :
mais préparé, il est alors fort propre à recevoir toute forme, c'est à dire
ferment de l'or ou de l'argent avec toutes ses opérations. Mais gardez vous
de vous tromper en lui baillant un ferment : car le ferment doit être
auparavant calciné & dissout avec le grand Mercure majeur, selon que nous
vous avons dit ci devant, puis l'imbiber avec la moyenne substance cet être a
l'âpreté du feu, & depuis que verrez qu'il y résistera, donnez lui feu de bois
par l'espace de huit jours, & alors vous regarderez s'il flue comme cire sans
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fumer. C'est celui duquel a parlé Arnault de Villeneuve en son Rosier, & n'est
point blâmé comme sont certains gros ignorants & écervelés, quand il disent
qu'en un seul vaisseau & un seul fourneau se peut faire & finir ce magistère,
& que le Mercure vulgaire avec son ferment : à savoir l'or & l'argent, ou l'un
& l'autre, se sublime soi même, & soi même tire & vivifie. Et sur ce propos
croient aucuns Philosophes, que le Soleil & la Lune & Mercure suffisent à
faire la bonne pâte. Mais ce bestial inepte n'entend point dire des
Philosophes, comme nous vous avons dit plusieurs fois : Que celui qui est
privé de cette partie menstruale, ne doit point priser ni estimer. Et
retournant à leur dire, mon très cher fils, il est vrai que quand ils disent que
le Soleil, la Lune & Mercure suffisent à faire la bonne pâte, c'est lors que les
susdits corps sont réduits en leur première matière par le moyen du végétal
ou animal : mais il s'entend que un seul vaisseau s'achève & accompli tout
notre magistère, & d'avantage depuis qu'il est tourné en première matière,
on en peut faire & travailler plusieurs sortes, & vous montrerons la pratique
de composer la Médecine. Maintenant mon fils, je vous veux déclarer le
secret de tous les secret, lequel pas un Philosophes Modernes, ni anciens n'a
voulu mettre par écrit & lumière, & toujours en leurs paroles ont dits, que
notre pierre se tire du petit monde, que notre pierre se convertit en eaux
salée, & qu'elle est la meilleure médecine. Or je vous prie, mon fils, de
consiérer l'amour que je vous porte mettant mon âme, ad ultimum
terriblium, parce que nous mettrons la pratique au premier apertiue de tout
nous livres. Sachez que c'est ici certainement la clef de tous nos livres, & celle
des Philosophes Anciens & Modernes, combien que notre père Raymond ait
beaucoup exalté sa lunaire. Et notez qu'encore qu'il s'en soit servi à la santé
du corps humain, qu'avec elle se peut faire la vraie & certaine transmutation
des métaux, mais elle se fait habillement avec celle que je vous révélerai ; &
qu'il soit vrai notre Duc Raymond, ayant révélé cette matière au livre qu'il
appelle le livre des secrets cachets, auquel ce Docteur a illuminé la matière,
gardant entièrement la pratique au livre intitulé Vade mecum, & en une
infinité de Volumes, lesquels ne sont connu à un chacun. Maintenant donc
parvenez au secret des secrets. C'est que vous preniez urine d'enfants de
huit, dix ou douze ans, lequel boivent vin & mène vie égale, qu'il soit sain &
bien disposé de nature, laquelle vous recueillerez en un vaisseau de verres, &
garderez qu'il n'y tombe de la poudre, de laquelle vous prendrez bonne &
large quantité, laquelle vous mettrez en plusieurs vaisseaux de verre les deux
tiers plein seulement, à celle fin qu'elle puisse mieux circuler. Par après vous
mettrez en tous les vaisseaux demi bocal ce notre C; comme avons enseigné
au Chapitre du dit C. A savoir qu'il soit sans mort, par après bouchez bien le
vaisseau avec cire gommée, & mettez en putréfaction par quinze jours, au
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bout desquels vous trouverez la matière noire, comme vin vermeil séparée
de sa terrestréité, & sachez que tant plus elle se tient en putréfaction, tant
plus devient noire, & sachez aussi qu'il faut changer le fient de cinq jours en
cinq jours. Après le mettrez en un vaisseau : c'est notre Urinal décrit au
végétable avec son chapeau & récipient, ses jointures bien bouchées & ferez
distiller jusqu'au signe que nous avons décrit au Chapitre B. Mais nous vous
baillerons encore un signe plus ample, distillez en deux part, puis ôtez le
récipient, & poursuivez votre distillation jusqu'à ce qu'il vienne en forme
d'un miel ou bien de poix fondue au fond du vaisseau. Prenez par après ces
deux parts, que vous avez gardées, & les distillez derechef par le même bain.
Prenez des quatre parts les trois, & jetez le reste, & distiller derechef, & à la
troisième fois prenez des quatre parties les trois, & derechef distillez les trois
autres parties, pour ce qui vous est resté vous le devez jeter, & derechef
distiller pour la quatrième fois, & prendre les quatre parties, les deux, à la
troisième fois, & des quatre parties, prenez en trois, & icelle trois distillez à
part soi deux fois. Et ainsi vous aurez votre feu rectifié, d'avec lequel nous
extrairons le vinaigre très aigre de sa terre aimée. Prenez après la terre qui
est demeurée en forme de gros miel ou pois fondue, sur laquelle vous
mettrez tant de fleur qu'elle surnage de trois doigts, & le couvrez avec son
antenos, les jointures bien bouchées avec de la cire gommée, & le mettrez en
putréfaction par trois jours naturels : mais prenez garde qu'incontinent que
le vaisseau sera bien fermé, il faut demeurer & vaquer, à celle fin que le sel
& vinaigre viennent à se dissoudre, puis ôtez l'antenos que ce vinaigre ne
vous donne aux yeux avec son acateze, faites distiller par cendre léger, &
quand par cette chaleur vous aurez tiré son eau, augmentez le feu à force de
bois, à celle fin que son huile & son âme passent ensemble avec son eau
distillée, dont une partie demeurera en poudre sur la terre. Après laissez
refroidir le susdit vaisseau & recueillez ce qui est sublimé que vous mettrez
en son eau, & ayant bien bouché le vaisseau par ce que c'est la fleur animée,
tirés après sa terre, laquelle vous sera demeurée au fond, sèche, broyez la
bien sur le prifice, puis la remettez en son vaisseau, sur laquelle vous
verserez tant de fleur qu'elle surnage de deux ou trois doigts, le bouchant
avec l'antenos & mettant en putréfaction par trois jours naturels. Après
distillez & augmentez le feu comme dessus, avec du bois, & ainsi vous
recommencerez tant de fois ce Magistère que la terre demeure comme
beurre claire, laquelle vous calcinerez en feu de réverbération, comme nous
vous avons enseigné au végétable & au minéral. Et par ce moyen vous aurez
la terre animée préparée, laquelle est pleine de telle vertus qu'on ne la peut
assez exprimer. Et nous vous disons qu'avec cette seule chose, & son ferment,
à savoir l'or ou l'argent dissout vous pourrez vous aider largement, comme
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nous vous enseignerons à la fin des particuliers en leur composition.
Prenez la susdite fleur animée, & la rectifiez par trois fois, & faite tout passer,
& la terre qui vous restera jetez la, après distillez par le bain, & prenez des
quatre parties trois, distillez derechef, & les prenez toutes, & ainsi vous aurez
la fleur animée rectifiée : prenez après un grand d vaisseau de la longueur
d'un bras, & y mettez la susdite fleur rectifiée, puis bouchez avec l'alambic, &
mettez le chapeau & son récipient, mais le bec du chapeau veut être large &
court, puis vous lui donnerez feu de cendre léger tant que tout out la plus
grande partie soit sublimée ou bien qu'elle passe en son récipient, en forme
de sel très précieux, duquel si vous voulez travaillez avec celui ci pour
aiguiser notre C. & circulant par après selon le chapitre DD & par après vous
ferez toutes les opérations que nous vous avons enseignées au chapitre
précédant. Ainsi que soyez certain de la faire plus vistement. Mais désirant
venir au soufre de la nature de l'animal, il est nécessité que fassiez sublimer
soudain que vous aurez rectifié la fleur animée, imbibez la terre selon l'ordre
que nous vous avons donné, à savoir avec huitième, septième, sixième,
cinquième & quatrième partie : puis sublimez, & vous ferez de ce second
dont vous êtes servi au végétable, à savoir dissolvant l'un des deux
luminaires ou tous deux, sachez mon fils qu'avec celui en un seul vaisseau
nous avons fait cette branche que nous vous avons dite, & répliquerons
plusieurs fois, en la composition des médecines : maintenant je crois qu'il est
impossible faisant les opérations susdites de faillir. Et est vrai que la
transmutation avec l'animal est plus brève, & de moindre danger que la
végétable. Mais n'oubliez point que soudain que vous aurez rectifié la
première fleur, vous en devez faire deux parts l'une pour tirer l'âme ou bien
le vinaigre très aigre de la terre : comme il est dit ci dessus, l'autre pour
aiguiser & créer son très précieux menstrue & pour le circuler, après calciner,
dissoudre, putréfier puis tirer la partie mercuriale des deux luminaires or &
argent, & après créer le menstrue majeur, comme avons enseigné au
végétable & en ce chapitre nous vous en avons plus dit, que les autres
philosophes n'ont fait par leur gros volumes.
Pour rubifier le soufre de la nature minéral
Prenez & recueillez la sublimation susdite, tant celle qui est montée au
chapiteau, comme celle qui est demeurée au milieu du vaisseau, & voulant
procéder au blanc & au rouge, faites en deux parts, & prenez l'une, & la
mettez rubifier en un vaisseau que nous vous avons montré en la création du
soufre susdit, & icelui imbibez avec l'eau de soleil, en laquelle soit dissout
l'élément du feu substantiellement & essentiellement puis sur le dit soufre
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versez la quatrième partie le bouchant avec son antenos, & le mettant au
bain par un jour naturel, après aux cendres par une chaleur légère comme
du soleil céleste, faisant exhaler cette petite humidité, qui sera sans aucune
couleur, & ainsi vous recommencerez votre magistère avec la quatrième
partie, tant que voyez notre soufre rouge comme un fin rubis, & ainsi vous
aurez ample doctrine pour faire le soufre en nature & pour le rubifier, lequel
vous garderez dans un oeuf à col long sigillé hermétiquement, comme nous
vous avons montré ci devant en digestion de cendre, jusqu'à ce que nous
vous montrions la composition des médecines.
La manière de faire l'huile pour insérer tous les susdit soufres tant des
parfaits qu'imparfaits métaux, comme versez en leurs chapitres, ou bien des
composition des médecines, tant au blanc comme au rouge
M
Ayant enseigné au chapitre précédent la manière de réduire en première
matière les deux luminaires, Or & argent, il reste d'enseigner l'huile pour
insérer les soufre susdits, je vous ai dit plusieurs fois que l'huile se peut faire
de plusieurs sortes, & si elle est faite de l'une, elle sera propre pour insérer le
soufre de T & V a savoir plomb & étain, & si faite d'or, elle sera propre pour
insérer le soufre R & S à savoir cuivre et fer, comme vous pouvez voir à la
composition des médecines ou bien incération. Alors mon intention est, que
vous preniez le soufre de même dont vous voudriez faire l'huile. Et icelui
dissoudrez avec sept parties de menstrue majeur. Et autant d'autre soufre
Végétable, ou Animal, qui monte le susdit soufre minéral, & le mettez à
circuler en l'une de nos nasses, comme est dit ci devant, durant trente jours
en cendres, au bout desquels vous trouverez au fond du vaisseau une huile
très blanche ou rouge selon que sera le soufre que vous aurez mis à
dissoudre & à circuler, & quand vous verrez ce signe, tirez le lors du
circulatoire, & mettez à distiller par bain la petite humidité laquelle sera
volatile, & au fond du vaisseau demeurera notre huile très blanche ou très
rouge selon que sera le soufre. Avec ceci, mon très cher fils nous incérons la
grande médecine, laquelle incère avec cette huile, puissance de transmuer
tous les métaux, & l'argent vif vulgaire lavé & non lavé ; en une autre
manière vous pouvez faire l'huile susdit, & bien plutôt & plus digne, combien
qu'en la transmutation, il n'y ai point si large autorité, nonobstant il est fort
facile : retournons au point, prenez la chaux de quelque métal que vous
voudrez, à savoir des deux luminaires, avec icelui accompagnez autant de la
moyenne substance comme nous déclarerons au chapitre X, & la torturez en
un mortier de verre avec longue contrition, puis versez dessus si grande
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quantité de menstrue simple qu'il surnage de trois doigts, & après le mettez
en digestion au bain par trois jours, puis par trois autre jours mettez au feu
d'altération, c'est à dire en cendre, & ce qui sera dissout, vous le verserez
sagement en un autre vaisseau, de peur que les fèces ne se troublent,
laquelle dissolution vous faut garder dedans le bain, & versez dessus les fèces
qui n'ont été dissoutes de nouveau menstrue comme dessus, & vous
recommencerez tant de fois que tout ou la plus grande partie se dissolue,
puis mettez en putréfaction, & après distillez par cendre léger. A la fin
augmentez le feu quelque peu, puis laissez refroidir le vaisseau, & étant
froid, ôtez le chapeau & son eau distillée, puis sur la matière ou corps qui
vous est demeurée en l'urinal, vous y devez verser de son eau distillée tant
qu'elle surnage de deux doigts, bouchez avec son antenos & mettez au bain
par deux jours, & ce qui s'y sera dissout versez le sagement, & ce qui ne sera
dissout, achevez sur la cendre en feu léger, par après versez derechef de son
eau distillée, puis bouchez avec l'antenos & mettez au bain, & ainsi faite
autant de fois que tout ce qui sera dissoluble, se dissolue ou bien toute la
partie mercuriale. Mais à cette fin que vous soyez bien advisé en tous vos
signe infaillibles, ce sera quand l'eau ne prendra plus de couleurs de sa
terre, ou bien quand la dite terre bien essuyée en mettant un peu sur une
lame chaude ne fera point de fumée, alors vous serez certain qu'elle est
privée de son âme ou bien de son Mercure. Après mettez circuler par vingt
jours en cendres en une de nos nasse, le temps étant passé, tirez l'eau
menstruale par le bain, de ladite huile, & si en ladite eau était demeurée
quelque couleur ou substance métallique, vous y devez verser de sa mort,
tant qu'il vous semble qu'il y en ait assez pour débiter son menstrue, après
vous distillerez par le bain : ou sa substance, ou bien sa partie Mercuriale,
vous demeurera au fond du vaisseau, ce que vous mettrez avec celle qui
vous est demeurée auparavant, & par ce moyen vous aurez la deuxième
manière de faire huile pour insérer tous les métaux imparfaits, ce que verrez
en la composition des médecines. La troisième huile est celle qui se fait en la
séparation des éléments, à savoir des deux luminaires, lequel vous voudrez,
après mettez en putréfaction par huit jours, puis distillez l'eau par le bain, &
sur la matière qui vous est demeurée en forme d'huile, ou d'un miel épais, &
versez tant de son eau qu'elle surnage de deux doigts, la bouchant avec son
antenos, & la mettant après en son alambic, pour distiller par cendre légère,
augmentant le feu à la fin, & par après laissant refroidir le vaisseau :
derechef versez y de la nouvelle eau, le bouchant avec l'antenos, distillant
après en cendres légères, & ainsi recommencerez tant de fois qu'ayez extrait
toute son âme, ou bien son très précieux mercure. Le signe certain sera en
mettant de cette terre sur une lame rougie, si elle ne fume point, signe
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qu'elle sera privée de son âme. Par après sur les distillations faites par les
cendres versez y le double de sa mort, puis distillez par le bain, & au fond
vous restera un liqueur ou huile de royal corps, lequel vous accompagnerez
d'autant de Mercure végétable ou animal, qui vaut autant réduit en eau,
comme savez : & le fixant par après, & le circulant comme nous avons dit ci
devant, & pour vous avertir en toute partie de cette eau, il faut que toutes
sortes d'huiles qu'on veut épandre sur leur Mercure ou soufres, soient fixés
auparavant, & d'avantage vous devez savoir qu'il y a plusieurs sortes
d'huiles, comme il vous a té manifesté au premier Chapitre.
La division des soufres en général, du Minéral, Végétal, & Animal. Item de la
fermentation des dits soufres
N
Vous ayant averti, & donné le moyen au Chapitre précédent, de faire les
soufres de chacun individu, à savoir du Végétal, Animal & Minéral, je sais
qu'en suivant ce que je vous ai enseigné ci devant, il vous sera impossible de
faillir, & partant ne sortez hors des termes de notre doctrine. Et combien que
nous ayons mis ce présent Chapitre, néanmoins par l'expérience formelle, il
vous sera plus facile de suivre la manière qui vous a été donnée au Chapitre
L, que la manière qui vous a été baillée en ce présent Chapitre, parce que je
reconnais votre impatience, dont je vous ai repris plusieurs fois. Revenons au
point. Il faut que vous preniez ce composé putréfié lequel vous plaira le plus,
& le mettez à distiller par le bain. Continuez ce régime tant que toute l'eau
soit distillée, & cela s'appelle éléments de l'eau, laquelle vous garderez avec
grande diligence bien bouchée, & pareillement vous continuerez l'oeuvre
susdit, & en tirerez le second élément appelé air, vous verserez sur la
matière demeurée au vaisseau, tant de sa propre eau qu'elle surnage de
quatre doigts, & la bouchez avec son antenos, mettez au bain pat l'espace de
trois jours, & par après ayant lis le Chapeau distillez légèrement par cendres,
& quand vous aurez distillé toute l'humidité de la susdite matière, & qu'elle
sera bien essuyée & séchée laissez bien refroidir le vaisseau en cette
première distillation, & cela fait vous verserez tant de sa propre eau sur
ladite matière qu'elle surnage de quatre doigts, comme cy devant : puis
mettant au bain trois jours en digestion, le distillez par cendres légères, & si
l'eau instrumentale vous défaut prenez la distillation faite par cendres & la
distillez par le bain, de laquelle vous travaillerez en vos dites opérations, afin
que vous acheviez la dixième révolution susdite. Et prenez garde qu'au fond
du vaisseau l'air sera demeuré, lequel il faut garder bien bouché, à celle fin
que vous ayez la parfaite & entière doctrine de ce magistère, nous vous
20
dirons que quand tout l'élément de l'eau sera distillé par feu léger, à la fin
augmentez le feu un peu d'avantage, à celle fin que cet air ou partie d'iceluy
distillée se conjoingne & entre en son élément de l'eau, par après sous
séparerez l'un de l'autre comme ci devant. Maintenant il reste la séparation
des éléments du feu, sachez qu'a vouloir séparer les dits éléments, il vous
faut faire toutes les imbibitions, inhumations & distillation sur la matière qui
est demeurée, laquelle vous avez faites cy devant en tirant l'élément de l'air :
vray est qu'aux distillations faites par cendres, vous devez accroître le feu
d'un point plus, & vous avertissons d'avantage que si en la dixième
révolution vous avez tiré l'élément de l'air pour extraire l'élément feu, il y en
a quinze & non point moins, & ayant achevé toutes les dites révolution &
opérations, vous prendrez toutes les distillations par cendres, & les distillerez;
& au fond du vaisseau vous demeurera l'élément du feu en farine sèche, &
sur le dit élément du feu vous verserez l'élément qui tient en soit le dit
élément de l'air tous deux ensemble ; puis vous mettrez dans un col long &
tors pour distiller par cendre honnête, & quand vous verrez les éléments
conjoints en la susdite distillation, au fond du vaisseau vous demeurera
comme un gros miel, que vous continuerez tant à distiller à feu honnête que
vous voyez la matière congelée : sachez que c'est notre élément feu. Alors
cessez du tout la distillation, & sachez qu'en ses deux distillation vous aurez
l'élément de l'air deuxième, lequel on appelle le trésor physique en une vraie
huile pour insérer les médecines, mais qu'il vous souvienne que du premier
ait on s'en sert encore, & qu'on en travaille aux compositions des susdites
médecines : qu'il vous souvienne aussi comme cet huile ou air deuxième
participe beaucoup de la substance corporelle, partant il faut que vous le
rectifiez sept fois par alambic, & par ce moyen il sera parfait, lequel vous
garderez bien bouché, & les terres que vous aurez aux rectifications des deux
airs, les conjoindrez avec l'élément du feu, parce qu'elles font partie d'iceluy :
après vous prendrez l'élément de l'eau & de nouveau distillerez sept fois par
le bain, & mettrez les terres qui vous sont demeurées aux susdites
distillations avec l'élément de la terre. Après prenez l'élément du feu & le
calcinez, à savoir en jetant sur ledit feu cinq partie ou plus de l'élément de
l'eau rectifié, & recommencez cela par distillation en façon d'infuser par sept
fois, & par ce moyen vous aurez la vraie calcination de l'élément feu, &
pourrez par même moyen calciner l'élément de la terre avec son eau
rectifiée. Sachez mon fils que l'élément de cette terre, & l'élément feu
s'accordent en une pareille sorte : que si vous voulez savoir les vrais signes
quand la terre sera calcinée, vous le pourrez par le Chapitre L. Or mon fils
vous avez une ample connaissance & instruction de la séparation &
rectification des éléments, laquelle manière est universelle tant aux minéraux
21
qu'aux végétaux & animaux, & encore qu'aux individus végétables &
animaux, il ne soit besoin de si longues préparations comme aux individus
des corps métalliques : la raison est que l'élément n'est pas si fort lié en ces
individus végétables & animaux, ni si unis comme ils sont au corps d'oeuvre
métallique : de manière que nous vous avons baillé ample connaissance &
instruction de cette séparation d'éléments, & révélé beaucoup de secrets,
tellement je crois que vous aurez bonne intelligence de la notre, & de tous les
anciens & modernes Philosophes qui ont eu connaissance de cette science, de
laquelle je vous prie vouloir user pour votre nécessité, & des pauvres de
Jésus Christ.

La Fermentation

Mon fils nous vous montrerons en ce présent chapitre la fermentation de
notre précieux soufre, rubifié & non rubifié, selon la qualité qu'il sera,
comme nous vous avons montré au chapitre L. Mais il faut premièrement
vous avertir en tout cas, & pour ce, il faut que vous preniez du Mercure
vulgaire & le sublimez avec sel commun & Vitriol. Et prenez un vaisseau
auquel il y ait trois bon doigts d'eau végétable sans sa mort, comme nous
avons enseigné ci devant, & mettez en iceluy votre sublimé, & par dessus
votre antenos, puis en putréfaction par trois jours naturels, & qu'il bouille
légèrement, puis ôtez l'antenos, & y mettez son chapeau : puis distillez par
cendre légère, augmentant le feu sur la fin, tant que le Mercure passe vif en
son récipient, lequel vous séparerez sagement de l'eau, & derechef le
sublimerez avec nouvelles matières des dessus nommées, ce que vous
réitérerez jusqu'à trois fois, mais la dernière vous l'essuyez sagement, & ainsi
aurez le mercure préparé, avec lequel vous accompagnerez le Soleil & la
Lune, selon a nature du soufre que vous voudrez fermenter. Or au quelque
vous voudrez faites de cette façon. Prenez un creuset que vous ferez rougir
au feu, puis mettez l'or & le faites chauffer tant qu'il ne fonde point, puis le
tirez du feu, & mettez dessus six parts de mercure préparé comme dessus, le
remuant avec un bâton, & le mettant soudain en un vaisseau d'eau claire, le
maniant après avec la main, & regarderez que s'il y avait quelque partie qui
ne fut pas bien réduite en forme de pâte ou beurre, il la faut par nécessité
remettre au feu, tant qu'il soit réduit en forme de beurre, après l'essuyez
avec un drapeau net : puis le passez avec le même drapeau, tant qu'il reste
seulement que les trois parts de mercure & une d'or ou d'argent. Il faut qu'il
soit en lames battues bien menues : après vous prendrez une part du très
précieux soufre que vous voudrez au blanc ou rouge, & le triturerez avec cet
amalgame susdit, à savoir une partie de soufre, & quatre parties
d'amalgame susdit d'or d'argent moulu. Mais à celle fin que vous ne faillez
22
point je dis qu'il faut une partie de soufre, trois partie de Mercure, & une
d'or ou d'argent amalgamé comme dessus : triturez par après en un mortier
de verre avec son pilon, par deux ou trois heures, puis mettez le tout en un
vaisseau de verre haut d'un paume, qui ait le fond un peu rond en façon
d'un oeuf, & le haut du vaisseau étroit tant qu'il puisse entrer que le petit
doigts, le bouchant avec son antenos, puis le mettez au trépied des secret à
feu léger de trois fils, mais il faut prendre garde que le vaisseau ne soit point
couvert de cendres fines, à la hauteur de la matière, & continuez le feu par
l'espace de six heures, ce temps fait, éteignez vos lumières, & laissez refroidir
le vaisseau de lui même, & trouverez toute votre matière en une poudre très
blanche ou rouge, laquelle il vous faut imbiber, ou nourrir avec son eau
rouge ou blanche, selon la qualité de son soufre, lui baillant la quantième
partie, le mettant par deux jours en digestion, c'est à dire au bain de la façon
que vous usez en la création de son soufre, comme vous avons enseigné au
chapitre L. Puis le retirez du bain, & par deux autres jours le tenez en cendre
légère. Après faut ôter l'antenos, & mettre son chapeau pour faire exhaler
cette humidité médiocre, puis bouchez le vaisseau avec un peu de coton,
comme vous avez fait quand vous avez sublimé son précieux soufre, lui
baillant feu de sublimation, & ce qui se sublimera vous le remettrez en bas, &
derechef vous imbiberez avec les quatre parts, mettant au bain comme
dessus, puis en cendre, faisant après exhaler son humidité comme dessus. Et
ainsi vous recommencerez toujours, tant que le soufre ne sublime plus. Alors
vous retirerez hors du vaisseau, & le mettrez en autre vaisseau qui soit rond
en forme d'un oeuf, qui ait le col long comme le bras, puis le mettrez, in
tripode arcanorum, de cinq fils, & ainsi vous continuerez le feu par quatre
jours, au bout desquels le retirerez de dessous le vaisseau, & le dissoudrez
avec son eau blanche ou rouge, selon que sera le soufre. Puis vous lèverez
l'eau par le bain, puis le congelez en cendre, ainsi vous ferez par trois fois, à
savoir dissolvant, congelant, & en la dernière congélation, vous lui
augmenterez le feu de sublimation. Et si quelque partie se sublimait, vous la
remettrez bas comme devant, le sublimant tant de fois, & le mettant à bas
jusqu'à ce qu'il demeure fixe. Sachez mon fils qu'en ce Chapitre nous vous
avons montré la manière de la fermentation & multiplication, de quoi jamais
Philosophe ne parla par si grand amour, & tenant cet ordre soyez assuré que
vous aurez médecine qui marchera dessus une infinité sopra rotte de sopre a
conquis une si grande vertu que Langue humaine ne la saurai dire, & vous
assurons que tout consiste en la sublimation remerulation, ou bien
végétation. Laissez ceux qui travaille d'une autre manière. Maintenant nous
vous voulons avertir qu'il faut au moins dix huit mois au blanc, & vingt
quatre au rouge, dont il ne faut pas s'étonner mais poursuivre jusqu'à la fin.
23
Pour revenir à notre point, la médecine étant dissoute, & congelée trois fois,
vous devez tenir en lieu chaud, parce qu'il n'y reste plus rien à faire, & n'a
besoin sinon de l'incération, comme nous enseignerons en son chapitre. De
façon que vous n'aurez plus occasion de dire que je ne vous porte point
d'affection, puis que vous voyez avec quel amour paternel je vous ai
enseigné la vérité.
Incération de la grande Médecine, avec sa projection
O
Vous ayant dit au Chapitre précédent la vrai sublimation du soufre avec tous
les principaux magistères d'iceux, pareillement fermentation & fixation
d'iceux, il reste à présent à vous déclarer l'incération, que nous vous disons
être nécessaire, & vous disons que pour deux raisons elle a été trouvée. La
première, parce que la Médecine depuis sa fixation est quelque peu dure à
la fusion. La deuxième, parce qu'étant la terre sulfurée, sublimée, rubifiée, &
fermentée, elle est prête à recevoir son âme ou huile, laquelle lui baille
liquéfaction auparavant que le fuitif s'en aille. Or venons au point. Prenez un
vaisseau haut comme une pomme, ou plus, lequel vous luterez avec du fort
lut de sapience, à savoir la troisième partie dudit urinal, & puis vous le ferez
sécher, & étant sec vous triturerez votre soufre en un mortier de verre, le
pilon de même d'un longue trituration, puis vous le mettrez en votre urinal,
& versez dessus la huitième partie de votre huile, lequel nous avons désigné
au Chapitre M, à savoir celui là, qui est fait selon la première manière, le
bouchant avec son antenos, le mettant in tripode arcanorum, & l'urinal
dedans : nous faisons cela à celle fin, que la fermeture & bouchure
n'apparaisse point, & de cette sorte vous le laisserez continuer par trois jours,
jusqu'à ce que vous verrez notre huile être congelée en son soufre, puis
l'imbiberez comme dessus, & ainsi vous continuerez votre magistère, tant
que votre soufre se fonde avec très petit feu. Mais pour vous donner un
signe plus ample, c'est qu'il vous faut rendre fort peu, & en mettre sur une
lame chaude de fer ou d'airain, & s'il coule sans fumée, alors vous aurez en
la louange du Dieu tout puissant votre Magistère. Mais si la lame fumoit il
faut recommencer le magistère, & lui augmenter un petit feu, jusqu'à ce que
vous ayez atteint les signes susdits. Maintenant il reste à faire la projection &
ne vous émerveillez point si je ne la vous montre point parce que nous en
avons vu plusieurs qui l'on ignorée, & la façon de la faire, encore avons nous
vu ceux qui avaient sublimé ce soufre de nature, des métaux, qui ont ignoré
sa fixation, ou bien la manière de faire ladite projection. Et à celle fin que
cela ne vous advienne, je vous dirai la manière, qui est que vous preniez un
24
e once de ladite médecine, & la mettiez sur cent once de Mercure vulgaire
lavé ou non lavé, mais il le faut mettre en un vaisseau de terre qui résiste au
feu. Car quand il commencera à griller ou fumer, alors jetez votre médecine,
& tout le Mercure sera réduit en médecine : & derechef prenez une partie de
la dite médecine, & la jetez sur cent autre de terre, & tout sera médecine, &
après prenez encore une partie de cette médecine dernière, & la jetez sur
cent parties de Mercure, ou de quelque autre métal, il se convertira tout en
or ou argent, selon que sera la médecine. Maintenant vous avez ample
connaissance de la multiplication, en vertu & quantité. La multiplication en
vertu est celle que je vous ai faite en la dissolution du soufre fermeté & fixité,
c'est à dire, en dissolvant & congelant par trois fois, & tant plus qu'il dissout
& congèle, tant plus il augmente en vertu, & chacune fois est pour gagner le
centaine, à savoir en dissolvant & congelant, & sachez que chacune fois la
médecine a puissance de transmuter cent partie de Mercure en poudre :
puis une partie de ces 100 parts en converti 100 autres en bon métal. Et à
celle fin qu'en cet endroit vous ne puissiez faillir, nous vous montrerons une
manière générale. Sachez que toutes les fois que votre médecine ou
particulier en transmuera une en poudre en jetant sur du Mercure cette
poudre, elle a puissance de transmuer cinquante parts, & ainsi de main en
main d'un jusqu'au nombre parfait de dix parts, & s'il y avait 15, il a
puissance de transmuer 150 parts, & ainsi faut aller multipliant jusqu'au
nombre de 100. Alors vous aurez certaine connaissance qu'il aura puissance
d'en transmuer 1000. Et par ce moyen vous aurez les signes par lesquels
vous la pourrez garder à l'infini. La multiplication en quantité est celle que
nous vous avons montré ci dessus avec le Mercure. A présent vous pouvez
connaître la largueur et étendue de notre magistère, & tous ses fondements,
lesquels il me semble qu'il est impossible de vous enseigner plus facilement.
Et pour cette cause, je vous prie ne point faillir à vous taire, autrement vous
ferez tomber l'ire de Dieu sur vous. Et pour ce que nous vous avons appelé
juge des particuliers ou bien abréviation, nous vous les déclarerons ci après,
avec l'aide de Dieu. Je vous envoie la pratique, laquelle je vous recommande.
25
S'ensuivent aucuns particuliers, & abrégés.
Premier au Blanc
Prenez de la terre végétable préparée tant qu'il vous plaira, puis ayez autant
de la moyenne substance comme nous vous enseignerons au Chapitre X, que
vous triturerez en un mortier de verre, tant qu'il semble une même chose,
puis ayez son ferment que nous vous avons enseigné au Chapitre G, lequel
ferment soit dissout avec E. Après ôtez l'eau par le bain & son ferment
dissout, qui entre l'argent restera en huile. Il est bien vrai que vous que vous
ne devez tirer de l'humidité sinon des quatre parties les trois, & nous disons
cela à celle fin que le dit ferment vous demeure en huile, & non pas en gros
miel. Puis prenez votre dite composition, & la mettez en vaisseau de verre
semblable comme nous vous avons enseigné en la rubification du soufre,
puis lui donnez la huitième partie du ferment susdit, c'est à dire, argent
dissout réduit en huile, le bouchant avec son antenos, le mettant en cendres
par douze heures. Après ôtez le & mettez la chape, & faite exhaler cette
petite humidité qui se pourra esseuler, augmentant le feu tant qu'il sublime
ce qui se pourra sublimer, puis laisser refroidir le vaisseau, ce qui sera
sublimé, remettez le bas, & derechef tant de fois que la matière ne se
sublime plus, mais demeure fixe en huile. Après vous ferez la projection de
cette façon. Prenez Mercure lavé, comme l'avons enseigné en la
fermentation, & le mettez en vaisseau rond de verre, à savoir une partie de
la dite médecine, & une partie dudit Mercure, & faut que le dit Mercure soit
mis le premier au vaisseau, & puis la médecine. Mettez après au feu de
cendres, bouchez le vaisseau avec du coton, & le laissez ainsi par quinze
jours, puis ayez votre cendre ou coupelle, de grandeur selon la quantité de
votre médecine que vous vous voudrez réduire. Et prenez garde qu'il faut
pour une once trois livre de plomb, & il vous donnera 60 onces d'argent
meilleur que celui de la mine. Mon fils, c'est ici la branche qui est appelée la
première aide. Et de cette même sorte vous pourrez pratiquer avec l'or,
excepté qu'au lieu là ou vous mettez tant de terre préparée, mettez autant
de moyenne substance, & après vous ferez toutes les susdites opérations
qu'avez faites au blanc, & de même façon aussi vous ferez la projection, &
aussi la réduction.
Deuxième Particulier qui se compose avec le Soufre sublimé Végétable, ou
Animal
Prenez trois once de soufre sublimé végétable, que nous vous avons
enseigné au Chapitre L, & une once d'or ou d'argent calciné, lequel vous
26
voudrez, & demi once de Mercure, ou bien de notre moyenne substance.
Puis incorporez tout cela ensemble en un mortier de verre par longue
contrition : puis dissolvez avec le menstrue simple, & quand il sera réduit en
eau qu'il semble être une même chose à voir de couleur verte ou azurée, le
composé étant d'argent & étant d'or d'un rouge obscur : après tirez l'eau par
le bain, c'est à dire son menstrue, & le corps demeurera au fond en forme
d'un gros miel, lequel vous mettrez en un vaisseau rond, ayant le col long
d'une brasse, & seulement étroit comme à mettre le bout du petit doigt, que
scellerez hermétiquement, puis mettez au feu de cendre léger par 20 jours.
Après augmentez le feu tant qu'il se sublime, & ce qui sera monté remettez
le bas, & ainsi recommencez par tant de fois que tout demeure fixe au fond.
Après faites procéder à la dissolution & congélation, selon que nous vous
avons enseigné à la médecine en particulier du premier & de même façon
faites la projection, & aussi la réduction.
Troisième particulier, ou bien la Royne des branches, qui se fait avec le
Mercure Majeur, & son ferment
Prenez lequel que vous voudrez des deux luminaires, & le calcinez, selon
qu'il est enseigné ci devant : puis ayez autant de soufre végétable, ou sel
armoniac, qui vaut autant, les triturant ensemble en un petit mortier de
verre avec son pilon par longue trituration. Puis le dissolverez avec le
menstrue majeur, selon qu'il vous est enseigné en son Chapitre. Etant dissout
le mettez à circuler par l'espace de vingt jours en cendre chaude, mais
légère, au bout desquels exhaler l'eau menstruale, à savoir en mettant en
mettant en la bouche du vaisseau du coton, à celle fin que l'eau passe & non
pas le métal, & comme il vous semblera que la matière soit mise en huile ou
bien en liqueur, vous le mettrez en une fiole ou bien vaisseau rond, & lui
donnez feu de cendres par vingt jours au bout desquels laissez refroidir voter
vaisseau, & recevez le poids de cette médecine : que s'il y a une once, mettez
cent onces de Mercure lavé comme dessus est dit au chapitre de la
fermentation, & le mettant en cendre qu'il bouille légèrement. Après vous
ferez la réduction, comme nous vous avons enseigné au supérieur particulier
en la cendrée ou coupelle grande avec trois ivre de plomb, & vous aurez or
ou argent selon que sera le ferment, qui sera pareil à celui de la minière.
Autre manière
Quand vous aurez réduit le corps ou bien ferment, en huile, & que vous
aurez séparé son menstrue, à savoir avec le coton comme nous vous avons
enseigné au précédent Chapitre & particulier, sachez le poids de l'huile qui
27
vous est demeurée, s'il y a une once vous y mettrez six once de moyenne
substance, puis vous le ferez sublimer dedans un petit corps avec son
chapeau, & ayant fermé le vaisseau avec coton, sublimez le, puis le laissez
refroidir, étant froid ouvrez le vaisseau au fond duquel trouverez un partie, &
l'autre partie sublimée, laquelle vous remettrez en bas avec l'autre, puis les
boyerez fort ensemble, & le sublimant derechef, & recommençant le susdit
magistère sublimant & mettant tant de fois à bas que le composé demeure
fixe au fond & ne se sublime plus, le signe est d'en mettre sur une lame
chaude comme devant est dit, à savoir si elle ne fume pas, mais flue comme
cire, elle est bien. Et alors mettez un partie sur cent de Mercure ou bien sur
tel autre métal imparfait que vous voudrez, & aurez or ou argent meilleur
que la minière, selon qu'aura été le ferment.
Encore en autre manière
Prenez de la moyenne substance tant qu'il vous plaira, quand elle sera
séparée de la souillure, selon que nous vous avons enseigné au Chapitre de
X, & la sublimerez tant de fois qu'elle demeure blanche, transparent &
cristalline de laquelle mettant sur une lame chaude, elle fluera comme cire.
Alors vous la mettrez sur la quatrième partie des deux huiles que nous vous
avons enseigné au chapitre des huiles, signifié par M, puis vous mettez ou
bien ferez l'incération selon que nous vous avons enseigné au chapitre de O,
& par ce moyen vous aurez une médecine, de laquelle vous pourrez prendre
une partie sur cent de Mercure & vous aurez un or ou un argent pur, selon
votre ferment. Et sachez que la grandeur de ce magistère s'entend si fort & si
loin & de tant de manières, qu'il nous serait impossible de vous les enseigner
plus avant. Ainsi ce que je vous ai dit vous suffit : car c'est plus que jamais
Philosophe n'a voulu seulement penser à dire.
Particulier, que nous faisons avec R, ou S étant réduits, comme nous avons
dit, & les incérant avec P, réduit en huile selon le Chapitre M
Je vous ai enseigné mon fils, la grande Médecine, & aucuns particuliers de
nous expérimentés. Prenez donc pour faire un particulier des métaux
imparfaits, trois once de R, & le calcinez comme nous avons enseigné au
Chapitre H, dissolvez avec le menstrue simple, putréfiez huit jours, distillez
par bain, & la matière vous demeurera corrompue, comme gros miel, sur
lequel vous mettrez trois once de sel animal sublimé avec son coton comme
nous avons enseigné au Chapitre L. Après reversez tant de son eau, (à savoir
de celle que vous avez tiré de dessus la dite matière par le bain) qu'elle
surpasse de deux doigts, le bouchant avec son antenos, putréfiez derechef
28
par 12 heures, puis ôtez l'antenos, mettez le chapiteau, bouchez les jointures,
distillez par cendres légères : à la fin augmentez le feu tant qu'une partie se
sublime en une poudre très blanche : mais quand le vaisseau sera froid, vous
l'ôterez sagement & mettrez en un vaisseau de verre : puis sur la terre,
laquelle vous sera demeurée au fond, vous tirerez & broyerez avec une once
de sel animal sublimé comme dessus, puis mettez l'eau, laquelle vous avez
tiré par le bain, sur ladite matière triturée, que elle surnage de deux doigts,
puis posez votre vaisseau avec son antenos en putréfaction par 12 heures
comme dessus, puis ôtez l'antenos, mettez le chapeau & récipient, & faites
distiller par cendre légère augmentant le feu tant que la partie qui se peut
sublimer se sublime, puis laissez refroidir le vaisseau, & recueillez ce que
trouverez sublimé, & recommencez tant de fois qu'il ne se sublime plus de
poudre blanche, & que la terre demeure sans esprit au fond du vaisseau,
laquelle vous éprouverez avec la lumière chaude comme dessus est
enseigné, & par là connaîtrais si elle est morte & privée de son humidité,
laquelle terre vous rebroyerez, puis calcinerez au feu de réverbération selon
le chapitre F, mais faut prendre garde de ne laisser cette terre au dit feu de
réverbération plus de 24 heures, c'est à dire la terre des métaux imparfait,
autrement elle s'en irait toute ou se vitrifierai. Partant nous vous avertissons
que le feu de réverbération ne soit point excessif. Or mon fils, vous avez la
vraie & certaine calcination ou bien examination des terres des métaux
imparfaits. Prenez cette poudre blanche qui est sublimée, & la mettez à part,
& la triturez avec sa terre calcinée en un mortier de verre avec son pilon par
longue trituration, puis la gardez en verre bien bouché, jusqu'à ce que vous
ayez son eau rectifiée comme nous dirons. Prenez toutes les distillations faites
par cendres & les faites distiller par le bain, par sept fois, & s'il demeurait
quelque terre au fond du vaisseau ou bien quelque liqueur, jetez la dehors,
car c'est son air, lequel empêche la conjonction de l'eau avec sa terre gardée,
& luy donnez la 8 partie de cette eau rectifiée, & bouchez avec l'antenos,
mettez après en digestion, puis ôtez l'antenos, & mettez en cendre légère
avec son chapeau pour faire exhaler l'humidité qu'il y a, puis l'imbibez &
faites en tout comme dessus, & recommencez ce magistère, tant de fois qu'il
ait bu toute son eau, alors elle sera propre à sublimer, le vrai signe est la
lamine, la plus grande partira en fumée, c'est le vrai signe de toutes les
terres depuis qu'elles sont imbibées. Tirez cette terre sagement du vaisseau,
& la triturez & sublimez selon que nous avons enseigné au chapitre L, & par
ce moyen vous aurez de tous les métaux imparfaits leur première matière ou
leur soufre de nature, & par même moyen vous pourrez réduire à la
première matière les deux autres métaux imparfaits T & V. Il est bien vrai
qu'ils se doivent incérer avec l'huile de la lune simple, comme nous vous
29
avons enseigné au Chapitre de O. Et à celle fin que ne faillez point, elle se
fait en cette façon. Prenez une once de soufre sublimé des métaux imparfaits
susdits, c'est à dire, lequel que vous voudrez des deux, ou tous ensembles,
laquelle triturerez avec une demi once de terre végétable ou animale
préparée comme dessus, ainsi que nous vous avons enseigné ou
enseignerons au Chapitre X, triturez tout ensemble, puis mettez dans un
vaisseau que nous vous avons enseigné au Chapitre Z, & ainsi le sublimez
tant de fois, recommencant toujours tant que toute chose demeure fixe, au
fond du vaisseau. Après qu'il sera fixé, incérez le avec l'huile simple selon
qu'avons enseigné au Chapitre O. Et par ce moyen vous aurez autres les
Particuliers des métaux imparfaits avec ample déclaration & peu de paroles,
de laquelle médecine vous mettrez une partie sur 100 de R, ou de S si la
médecine est faite d'iceux, c'est à dire leurs soufres. Et par ce moyen seront
fait les soufres de T & V qui iront sur les dit métaux, comme aussi sur le
Mercure si vous voulez, pour y avoir mis de la moyenne substance d'icelui.
Encore mon fils vous pourrez réduire par une même façon P & Q, ayant
envie de vous en servir pour faire Particulier, excepté que la rectification de
l'eau se doit faire par cendre, & toutes les terres qui resterons en la susdite
rectification se doivent mettre sur leur terres, & faire par après toute les
opérations susdites que nous avons dit des imparfaits : il est bien vrai, qu'il
n'ont besoin d'incération pour être leur air. Par ce moyen vous avez ample
doctrine de notre magistère, combien qu'il se puisse faire en plusieurs autres
sortes pour l'étendue de S, & pour ce, ne sorte point des moyen susdit,
d'autant que les suivant de point en point, il vous est impossible de faillir.
La préparation & sublimation du Mercure vulgaire, qui est père de tous les
métaux, & la manière de tirer sa moyenne substance, pleine de si grande
vertu, que Langue ne pourrait exprimer
X
Vous ayant promis vous déclarer & montrer particulièrement la manière de
préparer le Mercure vulgaire, afin qu'avec icelui vous puissiez calciner votre
menstrue, parce que dans icelui il se sublimera peu de soufre de nature, tiré
des deux luminaires, comme nous avons dit, combien qu'avec lui seul depuis
qu'il est réduit en première matière, avec l'eau végétable, ou avec le
menstrue animal se peut faire la transmutation, c'est à dire, quand il est
premièrement réduit & fixé, & par après avec huile du Soleil ou de la Lune,
laquelle huile nous vous avons amplement enseigné au chapitre M, la sienne
incération, laquelle en ce lieu nous appelons fermentation, nous l'avons
enseigné au Chapitre O. Or mon fils considérez notre grand magistère,
30
comme ces règles & opérations consistent, & verrez qu'il n'est nécessaire
d'incruder les deux luminaire, c'est à dire, commencer là ou la nature a
achevé, ainsi que fait le laboureur, qui prépare sa terre, puis met la semence
cuite au soleil en sa terre pleine d'humeurs. De même il faut rétrograder, &
ouvrir la vertu végétative de l'or, c'est à dire, que le Sage artiste calcine ces
corps, les subtilie, discontinue, après dissolue avec l'eau pleine d'humeurs,
qui est la sienne réincrudation, de quoi il naît une vraie putréfaction : après
s'ensuit toutes les opérations dessus dites du magistère. Tellement qu'il faut
que vous croyez pour certain & véritable, qu'il faut réincruder l'or & l'argent
: mais le Mercure vulgaire est de contraire opération, parce qu'il faut le
décuire, & après le faut cribler, afin que vous puissiez avoir sa moyenne
substance, appelé d'aucuns sa première matière, puis lui donner l'un des
deux luminaire réduit en huile, comme nous avons enseigné, & cela est
appelé ferment, sans lequel il est possible de faire transmutation. Partant
fuyez ces faux Alchimistes qui font un amalgame, & pensent le retenir en
fusion, depuis que leur Mercure est précipité, mais ils se trompent : les autres
veulent teindre la lune, & la fixer, mais abus : le bon Mercure vient
d'Espagne, mais n'en pouvant avoir, éprouve celui que tu trouveras, en le
faisant enfuir par chaleur dans une cuillère d'argent, & s'il laisse la marque
blanche ou jaune il sera bon, & non s'il laisse une autre couleur. Après
prenez deux livre de vitriol, & avec icelui faites sublimer, puis versez dessus
tant d'eau végétable sans flegme qu'elle surnage de 2 doigts sur ledit
sublimé, puis vous ferez bouillir par deux heures au bain & après distillez par
cendres, mettant le récipient à la retorte, & en icelui passera l'eau végétable :
puis couvrez toute votre retorte de cendre, augmentant le feu, alors passera
votre Mercure vulgaire en ladite eau végétable, puis par inclinaison vous
séparerez l'eau du Mercure. Et derechef vous sublimerez, puis le ferez passer
par la retorte. A la troisième fois vous l'essuierez avec un drapeau net, & le
ferez encore sublimer avec nouveaux matériaux, à savoir 2 parts de vitriol, &
une de Mercure, & une de sel commun préparé, ainsi vous ferez par sept
fois, ajoutant toujours nouvelle matière audit Mercure, & jetez dehors les
fèces, mais sachez que ces 7 sublimations se doivent faire en l'aludel, & non
autre vaisseau, pour ce que l'on ne pourrait séparer une poudre adutstive
qui monte en l'aludel. Pour vous empêcher de faillir je vous répéterai les 7
sublimations, qui est qu'il faut prendre un vaisseau de verre avec son
antenos, son chapeau, avec un pipion par dessus, & faut que le dit vaisseau
soit d'un demi bras de haut, & en icelui vous mettrez notre vitriol, après vous
le triturerez, puis vous mettrez le Mercure, & à la fin le sel commun préparé,
le mêlant tout doucement avec un petit bâton de peur que le vaisseau ne se
rompe : puis laissez en son fourneau de cendre, lui mettant son antenos, &
31
lui donnant petit feu : mais ayez égard que le vaisseau ne doit être couvert
que d'une tierce partie de cendre, & les deux autres tiers découverts, & ainsi
baillerez le feu, tant que l'humidité sorte hors : puis bouchez le pipon de
l'antenos avec un peu de coton, & continuez le feu tant qu'il sublime. Après
laissez refroidir votre vaisseau, puis prenez le sublimé, tant celui qui est à
l'antenos que celui qui sera au vaisseau, & si le vaisseau n'est point rompu,
vous le nettoierez de ses fèces, y mettant un peu d'eau tiède, & l'y laissant
par l'espace de 2 heures, & les fèces se dissolveront : derechef mettez
nouveaux matériaux & faites ainsi que dessus, & réitérez par 7 fois avec
nouvelles matières, & séparez toujours votre sublimé, que ferez enfin passer
par un tamis : après vous le mettez dans un autre vaisseau semblable au
premier, mais faut qu'il soit de trois pièces, à savoir qu'il ait son antenos, &
son chapeau, parce que l'on fait diverse opérations en un même vaisseau :
votre sublimé étant dans votre dit vaisseau, vous y mettrez tant de menstrue
simple, qu'il surnage de trois bon doigts le bouchant avec l'antenos, & ledit
menstrue peut être végétable ou animal comme bon semblera, puis vous le
mettrez en cendre qu'il bouille légèrement par 12 heures, puis ôtez
l'antenos, & mettez le chapeau, & distillez par le bain, tout le menstrue, alors
ôtez le chapeau remettez l'antenos avec son pipon, & le mettez en cendre,
couvrant le vaisseau de cendre aussi haut que monte la matière : puis lui
donnez feu petit à petit, tant que l'humidité soit passée, bouchez le pipon
avec coton, augmentez le feu tant que la matière sublime, & quand elle sera
sublimée laissez refroidir, & ôtez l'antenos, & ce qui sera sublimé audit
antenos cueillez le séparément parce qu'il n'est de notre considération, mais
et cette partie adjustive qui n'entre en notre magistère : après recueillez ce
qui est sublimé en la moitié du vaisseau, lequel vous semblera un cristal & le
prenez sagement, à cause des fèces de votre vaisseau, puis remettez votre
sublimé dans le même vaisseau, & derechef mettez le même menstrue que
vous aurez tiré par le bain, bouché comme dessus avec l'antenos, faites
bouillir en cendre par demi heure comme devant, ôtez par après, mettez le
chapeau, faites distiller étant sec, remettez l'antenos, faites sublimer en
cendre, ôtez les fèces, & la partie adjustive qu'est à l'antenos, prenez le
sublimé qui est à moitié du vaisseau, & le tout comme est dit, cela première
opération, laquelle vous ferez 7 fois, tant qu'il ne fasse plus de fèces au fond
du vaisseau : ayant ce signe prenez votre substance & la broyez, puis mettez
en un vaisseau de verre, & par dessus versez si grande quantité de menstrue
simple, animal ou bien végétable, qu'il surnage de trois doigts, le bouchant
avec son antenos, & mettant en cendre par l'espace de 2 jours qu'il bouille
légèrement, & ce qui sera dissout vous les prendrez sagement par
inclinaison, & mettrez en un autre vaisseau, & ce qui sera demeuré au fond
32
de votre vaisseau essuyez le à une chaleur de cendre légère, comme celle du
Soleil : puis versez de nouveau menstrue, bouchant avec l'antenos : mettez
en cendre, versez par inclinaison sagement comme devant : & ceci
recommencez tant de fois que la partie soluble se dissolve, & au fond du
vaisseau vous demeurera une terre insoluble, qui est de nulle valeur, laquelle
vous jetterez. Alors prenez ce qui est dissout, c'est à dire votre mélination, &
faites distiller avec son menstrue par le bain, étant distillé mettez l'antenos en
cendre légère, augmentant le feu tant qu'il sublime : ce qui se sublimera est
appelé première matière, qui est cette moyenne substance avec laquelle
nous incalcinons nos menstrue, avec celui la nous faisons une infinité de
particuliers. Et est la pierre minérale. Or mon fils avec infinis moyens vous
pouvez pratiquer l'un & l'autre mercure, comme dit Raymond Lulle. Et si
celui minéral n'est réduit en première matière avec l'eau végétable ou
animale, il est impossible de faire de lui quelque chose de bon pour la
grande composition qui est en lui, comme vous le connaîtrez en le pratiquant
comme dessus est enseigné. Or voulant fixer, c'est à dire achever de le
décuire il faut avoir un vaisseau, comme celui que je vous ai enseigné en la
rubification du soufre, & en icelui le sublimerez, & ce qui sublimera le mettez
bas tant qu'il demeure fixé au fond en forme cristalline blanche &
transparente, de laquelle en mettant sur une lame chaude il fluera comme
cire & pénétrera la lame, & d'icelui vous en travaillerez en vos particuliers,
comme nous vous avons montré ci dessus. D'avantage si vous insérez cette
première matière, ainsi décrite avec l'une des trois huiles, lesquelles nous
vous avons enseignées au chapitre M, vous verrez de grands effets & très
grandes transmutations.
Outre, cette première matière ou moyenne substance, se peut fixer en cette
manière, ou achever de décuire, c'est à dire ne la voulant pas fixer en part
elle, mais triturez la comme avons dit ci dessus, prenez la & la mettez en un
vaisseau, lui baillant la quatrième partie de la lune ou du soleil dissout par la
physique dissolution, c'est à dire avec le menstrue majeur, puis la bouchez
avec son antenos & mettez au bain par deux jours de même manière que
vous avez fait, quand avez voulu faire le soufre a savoir au chapitre L. Au
bout des deux jours ôtez le & faites aller son humidité par le bain par cendre
légère, puis augmentez le feu, & faites sublimer, puis mettant bas ce qui sera
sublimé, & derechef sublimant avec la quatrième partie de l'or susdit ou bien
argent, dissout comme dessus le bouchant avec son antenos, mettant au
bain, ôtant l'humidité, puis augmentant tant le feu & sublimant comme
dessus, & ainsi vous ferez tant de fois que vous ayez tiré la troisième partie
du ferment ou métal susdit dissout, & que tout demeure fixe au fond &
33
fusible, duquel en mettant sur une lame chaude fondra comme cire, &
teindra selon son ferment.
Quand vous aurez les signes susdits, il vous faudra dissoudre ladite
médecine & la congeler par trois fois, comme avons dit en la composition de
la grande médecine, & lors ferez la projection de même qu'avons dit au
même lieu, en mettant d'icelle une partie sur 100 de métal imparfait que ce
soit ou bien du mercure vulgaire. Et par ce moyen nous avons enseigné le
tout, & dit que c'est le menstrue simple, & le menstrue composé. Plus la vrai
manière de reincondir tous les métaux, & les réduire en leur première
matière, & avec icelui en faire la vrai transmutation. En ce dernier chapitre la
manière de décuire le mercure vulgaire, ou bien de le réduire en première
matière, ou moyenne substance : & outre envoyé tous les Alphabets de nos
livres à savoir la violette, sommière & grande lucidaire par personnes de
créance.
Ayant la pratique de tout, servez à Dieu, & en usez sobrement en votre
endroit, mais largement aux pauvres de Jésus Christ, remettant le tout sur le
danger de votre âme, si ne tenez secret ce que je vous ai plus que
paternellement révélé.
A Paris le 7 Juillet 1466.
Table des Matières
Entendue en ce livre par les lettres de l'alphabet
A
Signifie la miséricorde infinie du vrai Dieu.
B
La matière Lunaire, c'est à dire le Vin, dont est tiré notre précieuse liqueur.
C
Le premier esprit (séparé de son flegme) qui brûle du tout le coton mouillé
d'icelui. Ce qu'étant, il le faut encore distiller une fois, en prenant seulement
les deux tiers, comme verrez en la pratique. Raymond dit jusqu'à ce qu'il
brûle le sucre au premier livre des quintessence.
DD
34
L'aiguisement de notre esprit rectifié, selon que vous verrez en la pratique &
préparation du rayon de miel, pour aiguiser ledit esprit.
E
La calcination, qui s'appelle le Menstrue végétable simple.
F
Notre Mercure ou bien terre & sa préparation en général, comme verrez en
la pratique.
G
Le suc ou jus des deux Luminaires, desquels nous faisons vrai dissolution
avec conservation de leur humidité radicale, qui est la vie d'iceux luminaire.
Et si la dissolution n'est pas faites avec le jus susdit, ce ne sera jamais
dissolution physique mais vulgaire. Au regard de celle ci nous vous
commenterons les opérations physiques ou bien naturelles, & est appelé
Menstrue composé, Menstrue résolutif, Menstrue végétable, Menstrue
minéral, Menstrue animal, eau vive & comme il sera circulé vous sentirez
une odeur si grande, que la langue humaine ne saurait l'exprimer. Raymond
dit qu'il y a deux sorte de Menstrue, végétable, Résolutif & Résoluble. Le
résolutif est double, un céleste, & l'autre non. Le résoluble est une vapeur
potentielle, qui est en tout corps métallique, conjoigant le soufre & argent vif
qui ne peut être vu sans le résolutif.
Le résolutif est une quintessence tirée du vin, ou du tartre, de la nature
duquel le résoluble produit son effet. Autrement c'est une eau ardente
parfaitement rectifiée, par la vertu de laquelle tous corps sont dissous,
putréfié, purifié, les éléments divisés, & la terre est exaltée en un sel, par sa
merveilleuse vertu attractive, & qui cherche une autre eau que celle ci, il est
fol & ignare, & ne parviendra jamais à aucun effet.
H
La calcination des deux luminaires; & de tous autre métaux imparfaits.
I
La philosophique dissolution.
K
La vrai putréfaction.
35
L
Le soufre vivifié & sublimé en général, tant des métaux parfaits
qu'imparfaits : & après des individus, végétable & animaux, qu'il faut bien
lire & relire en son chapitre.
M
Incération, qui est l'huile d'or, à savoir propre à incérer.
N
La séparation des éléments en général.
O
Incération qu'on appelle sur la fin fermentation.
P
L'or
Q
L'argent
R
Le cuivre
S
Le fer
T
Le plomb
V
L'étain
X
Le mercure vulgaire, duquel se tire la moyenne substance, à laquelle faut
bailler un des deux luminaires réduit en huile sans quoi il est impossible de
faire transmutation.

_________________
Ora et Labora



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Message Posté le : Mar 6 Fév - 22:32 (2018)    Sujet du message : Publicité

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